Lotrecor 23, 118.5x92cm, Olivier Ajas

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Acrylique par transfert sur papier journal, marouflé sur bois, 118.5x92cm

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Acrylique par transfert sur papier journal, marouflé sur bois, 118.5x92cm

Ce tableau est obtenu par transfert de la peinture sur le support plan choisi par Olivier.


L'artiste obtient donc une image inversée du motif exécuté précédemment. Cette inversion apporte dans la création de l'oeuvre et l'intention première du peintre un "imprévu" qui est renforcé par les arrachages aléatoires et la perte accidentelle de matière qui adviennent lors du décollage.

LOTRECOR


(ébauche d’un sens)


             Je ne peux pas peindre quelque chose que j’ai décidé de peindre. Je ne trouve pas cela intéressant, et c’est trop facile. Je dis : je veux dessiner une femme et la peindre. J’ai mille et une façons de le faire et toute la technique qui permet de le faire. Mais en quoi est-ce intéressant, ou pertinent, si je prends telle ou telle image et que j’essaie de la reproduire ? Non, ce n’est pas par là, il y a là quelque chose qui m’arrête, c’est le vide, c’est vide, VAIN. Je peins autre chose, c’est un autre impératif, une autre nécessité qui doit surgir. Tout cela ne serait qu’anecdotique, je choisis tel sujet, tel thème ou tel contenu et je le réalise. Quelle prouesse ! Quelle pauvreté ! A quoi bon, dans quel but ? Quelque chose d’autre doit « venir », doit « s’imposer », doit « paraître », doit « comparaître » ! J’appelle autre chose, la « venue » d’une étrangeté, d’une présence inconnue. Il ne s’agit pas que je sache, car je ne sais rien de ça, rien de ce qui vient, de ce qui paraît à travers moi. Quelque chose passe de là-bas à ici, quelque chose dont je ne suis pour rien, seulement un médium, à travers lequel quelque chose passe. Laisse faire. Fais et laisse faire. De temps en temps, je me perds à croire que j’y suis pour quelque chose, que c’est moi qui fais. Or il est clair que non.


 Peindre : c’est quoi pour toi ?


C’est un geste de pauvreté, d’indigence, de manque.


Je suis endetté et je manque.


Je dois peindre, je dois écrire : ce devoir est une dette.


Cet impératif est une dette dont je ne peux m’acquitter une fois pour toutes.


C’est parce que je cherche que je trouve. Même si je ne sais jamais ce que je cherche.


Que dire d’autre, sinon que ça m’étreint, que ce n’est pas un choix, que ça vient comme un hasard, une chance, avec ce sens bien particulier qu’on y donne, quelque chose descend, vient d’en-haut, la grâce, en quelque sorte, mais qu’on n’ose nommer ainsi par crainte qu’elle fuie.


Attente. La plupart du temps.


Peindre, écrire, c’est résister à la mort, à l’œuvre de la mort, à la disparition, à l’absence de sens, c’est laisser une infime trace d’un passage, une présence, fût-elle elle-même vouée à la disparition.


Stèle, tombe, pierre, ruines…


Que ou qui sont tes personnages ?


Ils ont une fonction sans doute, mais je ne m’en suis rendu compte qu’ultérieurement bien sûr, bien après avoir fait tous ces tableaux.


Est-ce que ce sont des personnes ?


Oui le même mot de « personne » dit à la fois la présence de quelqu’un et son absence. C’est cette idée qui me fascine.


Ce « personnage », « cette personne », cette « figure » « dit » « quoi », parle à qui, de qui, de quoi ? Dit les choses ou nomme les choses ? Décrit, représente, figure ? Pourquoi n’y a-t-il pas de nom aux œuvres ?


Elles ne sont pas littérales, elles ne racontent pas d’histoires, de même qu’écrire ce n’est pas raconter des histoires, ça peut, mais ce n’est pas essentiellement écrire. Peindre, ce n’est pas peindre un sujet, ce n’est pas représenter, reproduire une soi-disant réalité extérieure ou intérieure, ce serait la même chose, du moins ce n’est pas essentiellement cela, selon moi, ça n’a jamais été vraiment le cas dans l’histoire de la peinture. Si Nommer les choses, c’est les définir, les mettre dans des boîtes bien rassurantes, les enfermer, je ne nomme rien. Ou alors des noms multiples, accumulation, énumération, digression… ça me va…


Pourquoi le nu plutôt qu’autre chose ?


Il renvoie à autre chose bien sûr, il y a toujours des échos, mais cette autre chose c’est déjà lui, le désir, l’érotisme, la mort…


Donc quand tu fais un nu tu ne fais pas autre chose !


C’est là !! Devant toi, ce corps, plus que toute nature morte, c’est le memento mori !!! Enfin, je ne suis pas sûr, mais c’est ce qui me vient là tout de suite, maintenant, hic et nunc, cette présentation du corps (d’un corps)!! Du moins c’est vrai pour moi !!!


Il y a la féminité de la figure.


Peut-être parce que la figure féminine fonctionne mieux. Mais c’est surtout une figure archétypale du corps humain : le cercle des seins, le sexe féminin ou masculin avec la carrure ; il y a confusion, une figure androgyne.


Ainsi elle évoque plus, elle est plus expressive.


C’est indéniable, cette figure est « sans visage », ou alors avec un « visage » sans particularité, non déterminé, comme un masque. Pourtant elle dégage une « présence », le passage de « quelque chose », une « étrangeté », un « flottement », un « questionnement », une « Inquiétude », une « Attente », un grand Manque. C’est cette inquiétude qui est constitutive.


Tu voulais proposer un mot nouveau pour dire ce qu’il y a là devant nous, peint.


Oui, je ne sais pas si je fais bien, mais bon, cette figure, c’est ce que je souhaitais appeler, oui, nommer, pour une fois, par un néologisme, LOTRECOR, afin d’éviter qu’on me dise que je peins des corps, ou que je les peins mal, LOTRECOR ce serait l’autre corps, le corps de l’autre, le corps autre, le corps, l’autre, l’Autre, en tant que figure, sa présentation, son absence aussi…etc. C’est un début…un commencement…


Bon. Restons-en là pour cette fois. Parlons enfin peinture. Tu fais quoi ? Tu commences comment ?


Je commence, comme il dit, avec une idée imprécise, une vague idée, sentiment, émotion, excitation : un dessin simplifié, allusif, du corps.


Dessin qui sera finalement inversé par mon procédé de collage et décollage. Ce sera un accident majeur. Puisque la plus ancienne couche se retrouvera devant, comme une inversion de l’archéologie, et la plus récente derrière.


D’accord. Tu préciseras plus tard si tu veux. Et ensuite ?


Après vient la couleur : des superpositions de couches blessées, griffées, striées, biffées, raclées, empreintes, collages, salissures.


Plus tard lors du décollage d’autres accidents se présenteront : déchirures, écaillage, décroutage, pertes de matière.


Tout cela reste guidé tout de même.


Bien sûr mon intention est toujours là, mais elle sera malmenée par les accidents des étapes successives.


C’est le devenir matière de la matière, ce fameux corps à la fois transcendant et immanent en tant que figure : LOTRECOR.


Mais le mieux, c’est de voir.


Olivier Ajas, 2015

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