Petit mot d’humeur!

Pas besoin de revenir selon moi indéfiniment aux « polémiques » sur l’« Art contemporain », d’autres ont défini ce qu’il faut entendre par là avec clarté et plus de brio que je ne saurais le faire ! (Laurent Danchin, Christine Sourgins, Nathalie Heinich, Nicolle Esterolle, Jean-Pierre Cramoisan…, j’en oublie, mais aussi Le texte de Dubuffet, Asphyxiante culture)

Rien de rétrograde, de réactionnaire, de fascisant donc à se « méfier » de cet « Art » qui se souhaiterait « incritiquable » (non soumis au jugement esthétique : une grande première dans l’histoire de l’Art, et de la pensée), et qui est devenu notre nouvel « art pompier », notre nouvel « art académique », la « Kultur » entendons par là celui et celle de notre temps, et surtout de nos « puissants » ! Il correspond souvent à une esthétique « totalitaire », « lisse », bien « proprette » (normal qu’à la fin il n’y ait plus rien à voir, à sentir, à ressentir, plus d’affects, ouh, ouh « affect », ouh grand dieu pas de gros mot), étonnamment bien « bourgeoise » (ouh ouh le gros mot !), et dans le même temps il se voudrait « l’Art de la résistance », « l’Art transgressif », « l’Art des grands reversements », des grands « renouvellements formels », alors que l’Art-riviste ne vise la plupart du temps que son seul profit, sa propre réussite sociale, sa propre promotion, et n’a souvent pas une once d’éthique, de sens du commun (ni de sens commun, d’ailleurs), du partageable, de ce nécessaire « ressenti » qui est à la base du sentiment esthétique, et sur lequel peut se fonder ensuite un jugement d’ordre esthétique !

Cet Art « contemporain », entendons non pas l’art de nos contemporains, mais cet art qui se dit « contemporain » refuserait le « jugement », vous savez « des goûts et des couleurs… nananère »(bien pratique tout à coup, hein ?!), certains de ses ardents défenseurs sonnent l’hallali contre ses détracteurs qui seraient « extrême-droitistes », « fascistes », sans même prendre la peine de lire (trop sérieux, ça) les auteurs qui ont écrit sur les méfaits dont cet art se rend coupable avec l’assentiment de riches mécènes spéculateurs, et de l’Etat la plupart du temps complice ! (Des faits, des faits, des faits, des noms, des noms : qui demande ? ce sont les mêmes ! euh ! Ce n’est pas l’idée, pas mon idée, ni ma manière d’être, d’être un délateur, un je ne sais qui, mais pourtant il n’est pas nécessaire d’être complice)

Souvent, on lit en commentaire sous les articles de tel ou tel détracteur de « l’art contemporain », par exemple, bien sûr, pour ne pas la citer « Nicolle Esterolle : « fasciste », « extrême-droitiste », « inconnue », « mensonges », et que ces propos « anti-Art contemporain » ne sont pas étayés par des faits, des noms, des œuvres, des scandales avérés, j’en reste coi de cette mauvaise foi affichée et affirmée ! (Je ne vais pas citer toutes ces œuvres ineptes qui existent et qui sont largement financées avec l’argent public, et en faire en plus la pub, que chacun se renseigne, je ne suis pas là pour ça !) Comme si Nicolle Esterolle était la seule, parmi de « sérieux » critiques d’Art, à faire l’analyse sévère de cet Art dit « contemporain » ! C’est une blague ! La mauvaise foi de certains va jusqu’à ne rien trouver de « bon », « d’intéressant », dans ces listes à rallonge d’œuvres qu’elle glane sur la toile ! Hé, mais bon, « des goûts et des couleurs… », sans doute, hein !

Alors qui est prescriptif ? Ceux qui questionnent l’esthétique d’un certain Art « contemporain », ou ce même Art « dit-contemporain » qui ne voit, ne croit, n’accepte que lui-même, et surtout aucune critique, aucun jugement est-éthique ! (Et oui et oui et oui, l’esthétique, l’éthique, ouh ouh ouh les gros mots encore !)

Attention de ne pas croire, que dans le sac sur lequel j’aime frapper comme Sganarelle sur Harpagon (bon, je mélange tout, comme d’habitude, les pièces, les personnages, les situations, tout quoi, mais ça m’aurait plu que Sganarelle, mot qui viendrait de l’italien « sgannare » qui veut dire « dessiller », frappe sur l’avare, alors voilà !) sont des artistes, que je respecte justement pour leur inventivité, leur richesse formelle, leur puissance évocatrice, et qui sont mal rangés dans « l’art contemporain » « fourre-tout » ! Bien sûr, c’est bien pratique, de les y mettre en même temps que des inepties les plus crasses, et traiter du coup de fasco-réact ceux qui critiquent ces dernières nullités !

Il n’empêche qu’il reste à montrer l’Art Vivant, celui qui se fait aujourd’hui, dans sa plus grande diversité, de partout, pas seulement dans les grandes métropoles ! Pour quelles étonnantes raisons l’instinct créatif serait plus fécond et naîtrait là plutôt qu’ailleurs !

L’Art « contemporain » est mort –presque, il est moribond, c’est pour ça qu’il se cabre un peu, dernier sursaut de « vitalité », euh entre guillemets plein de guillemets, parce que c’est pas son fort la vitalité, avant le grand saut dans l’oubli de l’histoire-, Vive l’Art ! Vive l’Art Vivant !

O.A

Image: El Greco, Vision de Saint Jean (1608-1614)