D’abord il y a le bitume qui vient anéantir la blancheur de la toile, écran noir qui va laisser se dérouler ces bobines de vie que je projette à coup de spatules et à coup de couteaux. Au début comme un générique s’installent des signes, des chiffres et des lettres comme des cairns pour baliser le scénario de l’œuvre. Peu importe de qui je raconte l’histoire, peu importe comment je vais décliner les acteurs de ces «instantané» de vie, ce que je représente est ma réalité.
La genèse de ces aventures de la vie quotidienne, je la trouve à chaque instant, un mot, un bruit, une situation, vont générer ce besoin viscéral de reporter sur la toile les vicissitudes, les joies, les peines de nos vies. Je trouve dans ma peinture le moyen d’aller à la rencontre de mes émotions, de dépasser mes valeurs, de bouter hors de mon univers les préjugés issus d’un formatage sociétal. Mon engagement est là ! Questionner, dénoncer, ouvrir les yeux (que je dessine exorbité ou absents) sur ces choses de la vie qui minent nos certitudes, et nuisent à notre épanouissement. Je m’abreuve aux textes de Lautréamont, Bukowski et Dante, aux brèves de rue ou de comptoir. Je deviens pas l’entremise de mes personnages le chroniqueur de tous ces moments traçant ma route sur le bitume de mes œuvres, route qui me mènera au bout de ma quête !
Jenola