Cuxac Françoise

J’utilise toutes sortes de matières pour composer des offrandes à la nature. Ce sont des sculptures d’assemblage et de modelage ou des bas reliefs auxquels j’ajoute des pigments, des terres, des cendres, des bijoux et des éléments marqués par l’usure du temps. Mes assemblages sont parfois narratifs, avec des thèmes qui me tiennent à cœur comme la naissance, la maternité, l’éclosion, la mort… d’autres fois ils sont plus oniriques, chacun peut y projeter ses propres rêves et visions.

J’inclus aussi des insectes, des petits animaux séchés, des restes d’ossements d’animaux, je les relie à mes personnages rêveurs, cocons en attente d’éveil, dans une osmose qui rend hommage au vivant et à tout ce qui fait notre monde.

La fragilité des matières m’amène aussi à les protéger sous des globes anciens en verre qui leur donnent une dimension plus sacrée ou bien dans des boîtes qui conservent leurs secrets et qui permettent de reconnaître leur existence.

Françoise Cuxac

[...] Françoise est une archéologue obstinée : elle fouille les fissures, elle cherche inlassablement la trace.

Elle soulève les petites pierres pour voir ce qui est enseveli. Elle soulève les feuilles.

Elle soulève chaque grain de sable. Chaque grain de poussière.

Son travail nous parle au plus profond de nous, dans l’ombre de nos vies, dans ce qui a disparu.

C’est un hommage au temps qui passe, qui laisse des marques, des cicatrices, des accrocs.

Elle glorifie l’usure, met en valeur le terni, le fané.

La vie accumulée se déplie doucement, dans un bruissement léger. L’envers du décor redevient l’endroit :

l’endroit de nos joies d’enfance, petits Poucets rêveurs ramassant des cailloux plein les poches.

L’endroit de nos tout petits riens précieux.

L’endroit de nos brisures, meurtrissures, de nos vies cassées en petits morceaux.

L’endroit de nos fragments,

l’endroit de ce que nous avons enterré.

Françoise nous invite à l’intimité de nos inventaires. […]

Véronique Devignon, artiste

Françoise Cuxac ramasse : fragments de bois, champignons, coquillages, squelettes de petits animaux, le crâne d’un chevreuil, les os d’oiseaux pris au piège dans un vase où ils avaient fait leur nid, deux têtes de moineaux trouvées dans un insert par un ramoneur. Des vies minuscules, des vies de rien du tout, qu’on pourrait dire inutiles, au destin souvent tragique, qu’elle va sublimer dans des mises en scène qui naissent patiemment et amoureusement.

Elle dit : « J’essaie de faire moins fragile mais je n’y arrive pas ; et je voudrais que l’on voit au-delà de l’assemblage, de cette fragilité des matières ».

Elle part toujours « de ce qui est déjà beau dans la nature » ; « les formes parlent, les matières aussi ». Les objets qu’elle choisit ont tous une histoire. Qu’elle ne connaît pas toujours. Transformés ou laissés à l’état naturel, associés et fondus dans des unions improbables mais pourtant cohérentes et évidentes, elle les rend à la vie. Une autre vie. C’est le miracle de la création. Là où on ne sait plus qui est quoi, végétal, animal, minéral ? Cela n’a plus d’importance, le mélange de toutes ces matières devient unité, l’union fait l’œuvre et sa curiosité.

Des os ramassés sur la plage deviennent des masques colorés et coquins comme des guêpières. D’autres tapissent sur fond doré un reliquaire précieux. Des momies enveloppées d’un fil de coton immaculé disent l’infinie patience. Cabinet de curiosité, des nœuds d’arbres abritent des hôtes inattendus. Alors que des perles enfilées figurant les pattes d’un oiseau ou la tête d’un chevreuil côtoient les âmes légères posées sur fond blanc, et les âmes sombres, sur fond noir. Pendant que ces dames, la blanche, enveloppée d’un manteau de dentelle, la rousse, maternité-totem, protègent leurs amis de leur hauteur bienveillante. Sous l’œil des ces portraits désuets « réveillés », par quelque plume de flamand rose ou autre accessoire inattendu. Mais pertinent.

Si ses créations sont fragiles de par le matériau utilisé, sa démarche artistique révèle une continuité sereine et apaisée. Françoise Cuxac suit son chemin, imperturbable aux modes. Sans doute les nombreuses expositions auxquelles elle participe en sillonnant la France lui ont-elles permis de franchir ce cap. Sa main, son instinct, son goût restituent un travail abouti, fort, sans occulter l’énorme charge poétique qui s’en dégage.

Monique Lafarge, adjointe à la culture à Mauriac, exposition au Musée de Mauriac, 2015

Principales expositions :


2006 Médiathèque de Laxou (54)


2007 Médiathèque de Mauriac (15)


2008 Festival d’Art Singulier Saint Jean de Luz (64)


         Galerie CLAC Aurillac (15)


2009-2010-2011-2012 Festival d’Art Singulier de Banne (07)


2009 Salle du Colisée Biarritz (64)


2009-2010 Galerie Albane Nantes (44)


2010 Théâtre d’Aurillac (15)


         Rencontre d’Art Singulier Moret-sur-Loing (77)


2011-2012-2014 Artistes à suivre (11)


2011-2012 Evasion des Arts Contemporains Villy-en-Auxois (21)


                    Prix du jury en 2011


2012-2013-2015 Festival d’Art Actuel Dives-sur-Mer (14)


2012 Galerie Libre Cours Revel (31)


        Artothèque Babart (30) depuis 2012


2013-2014 Rencontre Internationale d’Art Singulier Marsac (63)


2013 Exposition Féminin Singulier Mairie d’Ambert (63)


        Festival Singulièrement Vôtre Montpellier (34)


2014 Salon Figuration Critique Paris (75)


         Le Hang-Art Le Moulin Roty Saffré (44)


         Biennale d’Art Partagé Rives (38)


 2015 Biennale d’Art Partagé Saint-Trojan-Les-Bains (17)


         Musée de Mauriac (15)


         Salon Art Brut Art Singulier Joviac (07)


         Exposition Essarts au Singulier Bram (11)


2016 Salon Art sur le Fil Alençon (61)


        Salon Art Brut Art Singulier Meysse (07)

Détails

Les oeuvres de l'artiste :

Il y a 7 oeuvres.
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