Mandrette Odile

Odile Mandrette est née à Toulouse la même année que Godzilla.

Après des études de sculpture et céramique de 1973 à 1979 aux Beaux Arts de la ville rose, elle installe son atelier pas très loin de la cité à la tradition de terre cuite. Et c’est donc à partir de ce matériau privilégié qu’elle façonne ses premières sculptures.

1990 fut l’année de la découverte de l’art brut, remettant en cause fondamentalement la pratique «académique» enseignée aux Beaux Arts. L’introduction de la couleur, l’intégration d’objets anachroniques, la liberté de sujet, l’amènent à créer des personnages naÏfs ou fantastiques, modelés et peints.

En 1993 elle entre dans la galerie Ginou Larrouilh de Biarritz pour 14 ans de collaboration exclusive et passionnelle.

Depuis 2007, elle participe à de nombreuses expositions d’Art singulier ( Banne, Biennale Hors les normes à Lyon, Hang Art à Saffré, Arkan les arts à Caen, collectif Happy Art), ainsi qu’à des expositions en galeries ( Galerie de l’Aéroport Toulouse-Blagnac, Galerie Alain Daudet…).

2007 sera aussi l’année ou elle découvre les infinies propriétés du fil, du textile et du plastique pour les associer à la céramique, composant ainsi des oeuvres hybrides porteuses de poésie malicieuse.

A ce jour elle continue ses recherches dans des techniques traditionnelles comme le crochet ou la broderie pour une création plus contemporaine.

Passants prenez garde, ne laissez rien traîner, de vos jours en miettes, de vos passés décomposés, peut-être même de vos rognures d’ongles, Odile pourrait bien faire des lendemains qui chantent, un oiseau sur la branche et Gigi l’Amoroso, yeux de velours et gueule d’amour.


C’est que la dame a l’imagination féconde et cultive son monde sur les tas de fumier. Car d’où viennent-ils ces êtres qui semblent tombés de la lune sinon de nos petits déchets ? Et que regardent-ils, leurs yeux perdus au-delà de l’horizon ? Sans doute le temps de nos fragiles inconstances, ces déchirures, ces lambeaux même pas mis à l’encan, jetés là sans considération, ou peut-être celui de nos rêves et de nos peurs d’enfant.


Elle désosse et décarcasse, la dame, elle malaxe, tripote, papote, manie l’aiguille et la flamme. Elle coud des jupons d’écume avec des pierres dedans, des joyaux ramassés sur l’estran… Nos cœurs sont vides et nos poubelles pleines, et elle, armée jusqu’aux dents de ses gouges et de ses pinceaux, elle vient pirater tous ces circuits mal imprimés, ce gâchis de mal aimants surinformés –malaise de nos civilisations- et nous redessine un monde où l’on peut user ses souliers à danser jusqu’à l’aube dans un p’tit bal perdu et retrouvé. Ah comme ce serait bien, ce serait bien !


Muriel Daumal Nicaise, Janvier 2013.

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Les oeuvres de l'artiste :

Il y a 8 oeuvres.
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