Volodina-Winterstein Macha

Macha Winterstein est une artiste peintre française née le 12 février 1964 à Moscou, dans une famille de cinéastes. Elle arrive en France en septembre 1990...

Les voix du vent

Le labyrinthe d’une vie

Par Jean-Louis Poitevin – critique d'art, curator.

Elle signe ses œuvres Macha. Elle est russe, fille d’artiste, petite fille de peintre, musicienne, elle fut comédienne et surtout chanteuse, avant de se consacrer à la peinture, exclusivement.

Ses chansons, des poèmes dans la tradition de Vissotsky, elle les écrivait elle-même sur des musiques qui avaient une vitalité à vous bouleverser l’âme longtemps et les chantait le plus souvent lors de concerts clandestins. Elle savait déjà la magie des mots et des engagements qui font se rapprocher les gens, les peuples et les cultures. Elle publia ses poèmesdans la revue « Junost » et la revue « Znamia », les revues de littérature les plus importantes au moment de la Perstroïka. En tournée, elle fréquenta les gens du voyage. Elle partageait déjà un peu de leur mode de vie et de leur singulière conception du monde.

Arrivée en France au début des années 90, elle va travailler, au début comme comédienne au Théâtre du Soleil, puis dans l’atelier de fabrication des décors et apprendre ainsi les techniques les plus variées dont elle se sert aujourd’hui dans son travail de peintre. Elle va aussi rencontrer Matéo Maximoffet lier sa vie à celle des rroms en épousant un musicien manouche, comme si elle ne pouvait pas rompre avec cette part-là d’elle-même au moment où elle décidait de se consacrer à la peinture.

A partir du début du nouveau millénaire, elle se consacre uniquement à la peinture, un langage qui lui permet de s’exprimer sans s’enliser en échappant aux pièges labyrinthiques de la langue, ou plus exactement en leur donnant une forme visuelle toute particulière.
Le plus important, pour Macha, c’est la liberté, celle qu’elle prend avec les matériaux, avec les techniques, celle qu’elle se donne avec les thèmes qui hantent ses oeuvres. Car peindre, pour elle, n’est pas un geste voué à l’éphémère, mais au contraire, c’est un geste fait pour durer. Le monde complexe des visions et des émotions, une fois inscrit sur la toile ou le support en bois, doit pouvoir accéder à l’éternité que promet une maîtrise réglée de l’art. Cette maîtrise est l’une des caractéristiques du travail de Macha, la plus invisible pourtant, mais qui l’obsède car elle peint pour que ses œuvres traversent le temps.

Figures du destin de l’homme

Ce qui se donne à voir dans les œuvres de Macha, c’est un monde, un monde complexe comme un château de rêve, mélangé comme une ville à la croisée des continents, brûlant comme un volcan de passions, riche comme un coffre rempli de symboles venant de toutes les cultures. C’est un chemin aussi, celui d’une méditation profonde qui vise à dire le destin de l’homme, sa plainte infinie, les dangers qui le dévorent et sa chance éternellement reprise, relancée, neuve. L’un de ses premiers sujets, ce fut le papillon. Symbole aux racines chrétiennes, le papillon évoque et la crucifixion et la métamorphose. Il est aussi de l’âme éternelle le symbole le plus évident et disent certains visionnaires spécialistes de l’univers, la forme secrète du cosmos. Du papillon à l’ange, il n’y avait qu’un battement d’aile. Gardien de l’éternité, l’ange protège et annonce. Mais la teneur du message qu’il doit nous délivrer nous reste inconnue, mais parce que c’est à nous de faire advenir ce qu’au fond nous souhaitons. Les toiles de Macha sont pleines, elles débordent même de figures, de sujets qui se mêlent, de figures qui se croisent, se redoublent, se répètent, s’opposent et s’unissent dans de grands mouvements souples et aériens. Ce sont eux qui forment l’armature de ces compositions subtiles et riches. Les toiles de Macha sont pleines comme sont pleines les grenades au moment de s’ouvrir. Elle ne peut pas non plus oublier la musique et dans la musique ce qui est sans doute le plus important, la voix. La voix, dans ces tableaux, est double, c’est celle qu’elle entend dans le secret de son âme et c’est le message, celui qu’elle délivre à travers la complexité de ses œuvres.
Aujourd’hui, elle peint les hommes des villes assaillis par des dangers variés, plongés dans les troubles évidents, mais vivants, le plus souvent sans le savoir, dans la proximité de forces qui peuvent les aider, d’anges qui peuvent les sauver.

Forêts de symboles

Les œuvres de Macha sont comme ces forêts de symboles si chères à Baudelaire. On y voit le bien et le mal en leur combat sans fin, les anges et leurs doubles nocturnes, les voix qui crient dans le désert et les oreilles qui n’entendent pas et devinent malgré tout que quelque chose parle, et il y a l’infini, signe de toutes les énigmes qui structure certaines toiles comme leur chiffre secret. On peut y voir un homme au violon qui bat le ciel de son archet magique, l’œil, celui du cosmos, celui d’un dieu absent qui pourtant ne renonce pas à toute forme de présence. On y voit aussi les villes, ces nouvelles demeures des hommes en proie aux doutes les plus violents et puis enfin les hommes, petits personnages perdus qui cherchent, écoutent, mais le plus souvent n’entendent pas parce qu’il ne savent plus ni tendre l’oreille, ni inventer des chemins. Les œuvres de Macha dessinent un portrait de l’homme aujourd’hui parce qu’elles montrent le conflit qui existe en chacun de nous, entre ce qui aspire à l’éternité et ce qui est pris dans les filets du temps. Et le temps pour Macha est multiple comme est multiple le vent qui hante ses derniers tableaux.

Les voix du vent

L’un d’eux a pour titre Les voix du vent, et ces voix en fait nous font aussi voir la voie, celle que trace entre les formes le feu d’une divinité qui se lève. Il y a le vent de midi, celui de la chute et de l’extase, le vent de la nuit, celui de l’aube, celui du crépuscule. Et tous ces vents nous font sentir que le temps est non seulement la figure de notre destin, le filet dans lequel il est pris, mais aussi la chance qui nous est donnée d’éveiller en nous les formes qui nous hantent. C’est cela que réalise Macha, dans ses tableaux, faire entrer dans le visible le monde complexe, trouble de nos désirs et de nos peurs et nous faire prendre conscience de la vie magique de notre âme. Alors nous les reconnaissons un à un, le soleil et son double, l’œil et le feu qui l’habite, l’ange et le papillon, le violoniste et son archet, le loup et le coq, la lune et ses démons, la ville et ses filets tendus sur nous comme des labyrinthes, l’homme et ses faiblesses, l’homme et l’immensité de son destin. Ce que nous offrent les œuvres de Macha, c’est la possibilité de parcourir sans crainte des forêts qui nous hantent de plonger notre regard en elles, de nous y perdre mais en sachant que nous pourrons cette fois aussi nous y retrouver. Elle aussi, bien sûr accomplit ce chemin, elle le fait en jouant avec les symboles qui hantent sa mémoire et qui hantent aussi la nôtre car ils sont, de l’humanité entière, le véritable cosmos commun, car ils sont la chair réelle de ce monde des rêves auquel chacun prend part parce qu’il est celui dans lequel tous nous vivons.

Jean-Louis Poitevin - Avril 2007

Études et formations


 1980- Baccalauréat à Moscou


1980-1984 - École supérieure des Arts du Théâtre,Théâtre d'Art / MKAT»-Moscou, comédienne


1989-1990- Faculté de Lettre, poésie – Moscou, non achevée, départ en France.


1993 - Stage au Théâtre du Soleil, comédienne – Paris


1994-1995 - Stage pratique de peinture murale, peintre-décorateur, - «Théâtre du Soleil» - Paris


1995-1996 - Formation au métier de Peintre-décorateur, Cours Renaissance – Bagnolet


 Expérience professionnelle


1982-1990, Russie


Comédienne: spectacles vivants, cinéma, doublage.


Travaille d'écriture: Poèmes, chansons.


Auteur-interprète: concerts clandestins avant Perestroïka.


Soirées littéraires, concerts, festivals de Roc alternative - dès le début de perestroïka.


Publications poétiques: Revus littéraires: «Jounost- (Jeunesse)»-Moscou 1985, «Znamia»-Moscou 1990.


 


Arrivée en France-1990



 Expérience professionnelle - France



Musique – chanteuse :


1991-2002: Soirées, concerts, animations, tournées - musique Tzigane, Jazz Manouche, compositions originales.


Pédagogie:


1991- Direction des ateliers théâtraux pour les enfants - Paris et région Parisien


1995-Travail sur le chant russe avec des comédiens au Théâtre Débarcadère – Besançon,Spectacle « Samooubiîtsa».


Comédienne :


1993-1995 - Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine – Paris, Spectacle « La ville Parjure ».


Décoration:


1995-1997- Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine-Paris :


Équipe de décoration pour «Le Tartuffe»,


Équipe de décoration pour «Tambour sur la digue».


1996-1997 - Travail ponctuelle chez «Générale Décors», Vitry sur Seine.


Commandes des particuliers.


Fresque mural, restaurent « Vieux Chêne », Paris,


Peinture sur meubles chez un antiquaire, Place des Vosges, Paris.


Peinture 


Création des œuvres, expositions - depuis 2001.


 


Salons, mouvements, associations, groupes :


Depuis 2015 : Salon « Comparaisons », Art en Capital, Grand Palais, Paris


Depuis 2007 : Salon de la Figuration Critique, Paris.


Novembre 2014 : Salon de Livre Russe à Paris - Espace des Blanc Manteaux, Paris


2012 et 2014 : « Chimeria », Biennale des Arts Visionnaires, Sedan.


Septembre-octobre 2013 : « Artcité »,Fontenay-sous- Bois


2012 : Portes ouvertes des Ateliers de Menilmonent.


Août-Septembre 2011 - Biennale d’Art Naïf et d'Art Singulier - Bruxelles


Depuis 2011 : « Artistes à la Bastille », Paris


2011 - 2013 : avec « Artuelles », groupement des artistes-femmes, Paris et France


2008 - 2011 : Expositions d’Art Sacrée organisées par Diocèse de Paris-


Paroisse de Notre-Dame De La Croix-Paris 20eme, Mairie du Veme-Paris, Mairie du 7ème – Paris, Paroisse Luthérienne de la Résurrection - Paris- XV, Chapelle de La Maison de Marie- Thérèse - Paris XIVeme,


Juin 2011 : «Pèlerinage des artistes », Sanctuaire Notre-Dame de Montligeon


2009 - 2011 : «Rencontres Cathédrales», Cathédrale Notre Dame – Créteil


Mai 2010 : Premier prix de Salon d’Art Singulier,Prieuré De Pont Loup


Moret sur Loing – 77


2006-2007 : exposition des artistes tziganes, dans le cadre de la journée Mondiale des Rromes - Studios «  Albatros », Montreuil


Février-Mars 2007 : «Liturgie du Voyage», exposition des artistes tziganes - Eglise de La Madeleine – Paris 8eme

Détails

Les oeuvres de l'artiste :

Il y a 9 oeuvres.
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