Monch

Extraire l'humain de la matière ou dissoudre l'humain à la matière. Chercher l'émotion primaire, triturer inlassablement les questions humaines fondamentales. Ne travailler qu'à l'instinct... en toute sincérité. Mais, ce qui naît de cette démarche n'impose rien, je souhaite en effet que mes intentions s'effacent et laissent place au ressenti de chacun.

 Je photographie les formes accidentelles de la nature et de l'environnement urbain. Du mélange de ces images, soit entre elles soit avec des portraits et dessins, naissent mes tableaux.

Racines, écorces, vieux murs, pierres, taches etc. dont je garde le naturel et le côté brut, deviennent autant de visages, formes anthropomorphiques, paysages expressifs.

 La paréidolie et/ou l'accident sont les éléments déclencheurs de mes travaux. De ces matières retravaillées et redessinées, en tirant le fil, je révèle, en modeste alchimiste, les images nées de mon imagination.

 Je revendique un travail issu de la photographie et esthétiquement plus proche de la peinture, du dessin, de la gravure. Le support mat utilisé aide encore à cette perception.

Je me plais dans ce no man's land qui veut effacer la technique au profit de l'émotion avec une ambiguïté volontaire sur sa nature.

Monch

Antoine Monmarché, dit Monch,  est un artiste français contemporain.

Peinture photographique :

Travail de composition et dessin numériques à partir de photographies personnelles de matières et de portraits.

Aucun artifice logiciel ni filtre d'effets ne sont ajoutés pour les images. L'utilisation du numérique se réduit à la composition, le dessin, le mélange etc. L'élément photographique est utilisé comme un peintre utilise sa palette de peinture.

Monch expose dans toute la France depuis 2011 et à l'international depuis 2014.

Monch ou la traversée des ténèbres


Tout part d’une muraille d’opacité. D’un miroir aveugle. D’un creuset de solitude, implacable et souverain. Et Monch crève les veines de sa nuit. Le dehors n’est pas son fort. Des labyrinthes verticaux, écrasants, enchevêtrés et chaotiques, font vivre un espace qu’on dirait fouillé et faillé, hanté à  cru de brûlures vitales, de soubresauts souterrains, et de traits ouverts comme des blessures, et taillés au scalpel. L’opacité prend l’espace, et l’espace est possédé. Dès lors, les premières lueurs de l’univers sombre tressaillent, traversées d’instants fatals. prouvant face-à-face.


Dans l’étau étranglé de chaque œuvre, âpre et serrée, obscurément tamisée, vibrent ici et là les cordes désarticulées des drames vécus de notre monde. Monch installe et impose les élans saccagés des racines de la vie, comme s’il arrachait la peau des êtres. Ce que les ornières de la culture cachent obstinément, ce que les ordres du jour n’en peuvent plus d’affronter, la part d’ombre le révèle : les trouées de l’être, les regards sacrifiés de nos doubles, et leurs beautés mortelles. Flotte une odeur de gouffre, de souffre et d’étrange énergie sacrificielle. L’impensable stagne et couve sous les apparences cruelles d’un monde décapé. Il attend de pied ferme, fatal, terrifiant, à découvert, et toujours déjà maculé d’espoir et de désespoir.


Passeur de ténèbres, Monch crée au-delà de la vie. Magicien-envoûteur, il porte des coups au cœur des mortes surfaces. Il déchire les fatigues de l’ombre. Dessin, sculpture, photographie, peinture, tout est broyé pour naître à l’œuvre finale. Aux abords de l’abîme, il ose lâcher prise, et ça parle. Son art est insidieux comme un poison. Sorties de l’antre, ses formes acérées font disparaître nos repères sécuritaires. On navigue en territoire d’inquiétude. L’art n’est pas fait pour les regards assis…


Monch éprouve la puissance démoniaque des interdits vitaux qui prennent nos vies et nos vides. L’ordre du sacré vacille, et la terreur vitale saisit l’âme à la gorge. Il n’y a plus que la figure humaine qui résiste, en proie à toutes les métamorphoses vitales. Infinies sont les passerelles au pays des faces, des visages, et des gueules. Art d’exorcisme et de combat. Art de l’impossible tendresse. L’œuvre aérée d’inconscient incarne le fantasme aigu de l’existence saisie à la gorge, et mise à nu.


Christian Noorbergen

Détails

Les oeuvres de l'artiste :

Il y a 5 oeuvres.
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